Un demi-siècle s'est écoulé
depuis la fondation de la société Lindauer DORNIER GmbH, un demi-siècle
au cours duquel l'entreprise a acquis une renommée internationale dans le
domaine des machines à tisser et des machines dites spécialisées.
Grâce aux multiples atouts tels que des produits à la pointe du
progrès technologique, une capacité à détecter et exploiter les
créneaux de marché, un esprit innovateur, et une grande conscience
professionnelle de qualité, DORNIER a réussi, à ce jour, à s'imposer
face à une concurrence internationale composée le plus souvent
d'entreprises beaucoup plus grandes, bénéficiant souvent d'un coût
avantageux, lié à leur implantation géographique.
Lindauer DORNIER GmbH aujourd'hui
Chez DORNIER les désirs et les besoins du client sont
considérés comme autant d'opportunités de s'améliorer. L'entreprise
tout entière est axée sur les souhaits de ses clients, et cette notion
est très perceptible, du Bureau d'Etude jusqu'aux Services Après-Vente
du monde entier. On ne saurait compter le nombre d'améliorations
apportées aux produits à la suite de l'étroite et intensive
collaboration de l'entreprise avec ses clients.
La position dominante de la société est également
due à une motivation hors du commun de ses collaborateurs, qui
manifestent un intérêt jamais démenti pour les progrès technologiques
de leur entreprise, assurant cette dernière de leur engagement sans
faille. Il va donc de soi que lors des demandes de brevets, les
collaborateurs impliqués au développement soient cités au titre
d'inventeurs.
Le principe de construction modulaire par éléments
standards utilisé dans le développement, la construction et la
production, constitue actuellement l'un des éléments majeurs en matière
de maîtrise des coûts. Pour une entreprise qui détient le leadership
technologique pour les petites séries dans le domaine des machines à
tisser, cette stratégie est d'une importance capitale. La construction
par éléments standards est également utilisée dans la production des
machines spécialisées, le deuxième secteur d'activité de la Lindauer
DORNIER. Parmi ces machines spécialisées, citons les installations
d'étirage pour films, destinées à la fabrication de bandes magnétiques
pour les cassettes vidéo et audio, de films photographiques ou de films
d'emballage, ainsi que les séchoirs industriels et les machines
d'ennoblissement textile.

Le premier métier à navette DORNIER,
type DoTex
|
Prof. Dr. Claude Dornier
Claude Dornier naquit le 14 mai 1884 dans
l'Allgäu. En 1910, il entra comme ingénieur au service du comte von
Zeppelin.
A cette époque, la construction
aéro-nautique s'appuyait sur des matériaux tels que le bois, la corde
de piano, le bambou et la toile. Claude Dornier parvint à construire
des avions et des hydravions entièrement métalliques, dont le
DORNIER-Wal qui devait entrer dans l'histoire.
Plusieurs pionniers célèbres de
l'aviation tels que l'Espagnol Ramón Franco, Wolfgang von Gronau et
Walter Mittel-holzer, pilotèrent des hydravions de la série des Wal.
En 1929 Claude Dornier fit sensation avec
le gros avion à douze moteurs DoX. Il s'agissait à l'époque du plus
grand avion au monde. Le DoX gagna la considération du monde entier
lors d'une expédition spectaculaire en Afrique, en Amérique du Nord et
en Amérique du Sud.
En 1943, l'ère de l'hélice atteignit
son apogée avec le Do335. Le concept de cet avion insolite avait été
développé par le deuxième fils du fondateur de la société, Peter
Dornier, qui reçut pour cette inno-vation le prix de la société
Lilienthal pour la navigation aérienne.
|
De 1950 à 1955: Du vol de l'homme au vol de la navette
La société Lindauer DORNIER
GmbH naquit à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après la capitulation,
la construction aéronautique fut interdite en Allemagne, et les usines
DORNIER furent détruites ou démantelées. Le constructeur d'avions DORNIER
chercha alors une nouvelle activité. Il existait à Pfronten une usine
DORNIER intacte, qui, par un heureux concours de circonstances, n'avait pas
été réquisitionnée par les alliés. C'est ici que débuta la fabrication de divers objets usuels, très utiles à l'époque. Cette usine
devait devenir le lieu d'origine de la construction de machines à tisser
DORNIER. A Wangen l'entreprise textile ERBA reprenait sa production. Elle
avait un besoin urgent de pièces de rechange pour tous ses vieux métiers
à navette. L'usine DORNIER de Pfronten lui livra les pièces recherchées,
non sans y avoir apporté des améliorations.

Le premier séchoir pour carton DORNIER
chez la sociéte suisse Christ
Lorsque les forces
d'occupation françaises eurent libéré l'usine de Lindau-Rickenbach,
DORNIER réintégra ce site sur lequel fut fondée en juillet 1950 la
société "Lindauer DORNIER Gesellschaft mbH". Pour commencer, il
fallut fabriquer un métier à tisser pour ERBA. Toutefois les constructeurs
aéronautiques ne disposaient d'aucun dessin et n'avaient pas la moindre
idée de la façon dont fonctionnait un métier à tisser. On ne sera donc
pas étonné d'apprendre que seulement six mois plus tard, le premier
métier à tisser "DoTex" était prêt pour livraison, sous la
direction de Hermann Zippel, autrefois ingénieur aéronautique. Bientôt la
société livra son 100 ème métier à tisser. En 1952, grâce à des
commandes de la société Eisenlohr de Reutlingen et Schöpflin en Forêt
Noire, l'entreprise devint bénéficiaire. Malgré
tout, la branche textile considérait DORNIER avec scepticisme. Lorsque les
métiers à tisser DoTex furent présentés pour la première fois en mai
1951 à l'ITMA de Hanovre, ils furent qualifiés, avec ironie et admiration,
de "métiers à tisser volants". Le nom DORNIER restait synonyme
d'avions. Au milieu des
années cinquante, Lindauer DORNIER introduisit sur le marché son "métier
à tisser automatique à grande vitesse", le SW4, qui présentait une
innovation révolutionnaire, pour la première fois brevetée. Il s'agissait
d'un dispositif d'arrêt de la navette, dont les éléments de freinage et
de guidage pour contrôler la position de la navette étaient désormais
disposés séparément. L'intérêt suscité par les machines à tisser
automatiques de DORNIER allant croissant, des agences de représentation
furent ouvertes dans de grands pays exportateurs tels que l'Italie, la
France, l'Espagne, le Portugal, la Grèce et la Turquie. Mais l'industrie
textile réclamait aussi des machines d'ennoblissement. Grâce à une
licence de la société Haubold, qui s'était fait un nom dans ce domaine
avant la guerre, des machines spéciales pour le séchage, le blanchiment,
la teinture et les apprêts furent développées chez la Lindauer DORNIER.
Ces expériences débouchèrent sur de nouveaux produits. Sur demande de la
société Christ de Thal en Suisse, un nouveau modèle de séchoir à
tuyères fut mis au point en 1954 pour le séchage du carton. Les
connaissances nouvellement acquises devaient être exploitées par la suite
dans le traitement thermique des matériaux plats. Le
polyester fit son apparition au cours des années cinquante. Il était
utilisé pour la fabrication de films photographiques et radiographiques,
puis également pour la fabrication de bandes magnétiques vidéo et audio,
et de bandes pour ordinateurs. À la demande d'un client et grâce à
l'expérience de la société Haubold, qui avait dans le temps livré une
rame textile modifiée à la société IG Farben, la première machine
d'étirage pour films DORNIER, utilisable à l'échelle industrielle, put
être fabriquée en 1954. D'importants clients de nos machines d'étirage
pour films étaient et sont presque tous de grands groupes de production de
films et de feuilles plastiques, depuis BASF et Hoechst en Allemagne, Agfa
Gevaert en Belgique, Montecatini en Italie, Rhône-Poulenc en France,
Celanese, Kodak, DuPont et 3M aux USA, Fuji et Toray au Japon, et jusqu'au
groupe chimique international ICI.
| Les machines d'étirage pour
films de Lindauer DORNIER GmbH
Pour fabriquer des films, du
granulat de matière plastique est fondu dans une extrudeuse, puis
traité sur un tambour de refroidissement jusqu'à obtention d'une
feuille primaire relativement épaisse. Au cours de diverses
phases de refroidisse-ment et de chauffage, ce film subit un
étirage longitudinal et transversal afin d'être étiré jusqu'à
ce qu'il ait atteint une épaisseur bien précise. Les pinces
jouent un rôle décisif dans le processus d'étirage transversal,
car elles doivent pouvoir maintenir fermement tout aussi bien des
films épais que de très minces feuilles. |
Après dix années d'interruption, la
construction aéronautique fut de nouveau autorisée en Allemagne en 1955.
Constructeur aéronautique passionné, Peter Dornier - tout en poursuivant
en parallèle le développement de la Lindauer DORNIER GmbH - apporta une
contribution très active au sein de la société DORNIER GmbH à
Friedrichshafen et à Munich.
1955 - 1961: Le succés avec le métiers
à tisser automatiques et les machines spec.
Les premiers succès des
métiers à tisser automatiques étaient encourageants, mais DORNIER avait
du mal à s'imposer face à des concurrents de renom, et notamment face aux
constructeurs suisses. Sans se laisser impressionner, la petite équipe de
techniciens sous la direction de Hermann Zippel, continua à développer le
métier à tisser automatique à grande vitesse. En 1957 l'entreprise
réalisa sa première grande vente de machines à l'exportation pour la
grande société textile turque Milli Mensucat à Adana.
Fait exceptionnel pour l'époque: en novembre
1957, Peter Dornier, Hermann Zippel et Dieter von Gehlen s'envolèrent à
bord d'un avion DORNIER de la série Do27 en direction de Rheine en
Westphalie, afin de conclure une importante commande avec le tissage Hecking
de Neuenkirchen. A Lindau, on travaillait fébrilement à une machine
d'essai qui devait influencer de manière décisive la position des machines
d'étirage pour films sur le marché. Elle utilisait pour la première fois
des pinces avec galets de roulement. Avec ce développement issu de ses
propres ateliers, DORNIER était devenu, pour ce composant technologique
essentiel, indépendant de ses fournisseurs et de ses partenaires de
coopération. Gevaert acheta la machine pour la somme de 400.000 DM, ce qui
représentait beaucoup d'argent pour l'époque. Pour un tel montant on
pouvait alors construire quatre à six maisons individuelles. Une pince
coûtait 400 DM, soit le salaire mensuel d'un contremaître. 
Machine d'étirage transversal DORNIER,
faisant partie d'une installation d'étirage pour films
En 1961 Francisco Franco,
alors chef d'Etat d'Espagne, décréta qu'une industrie textile d'Etat
devait se développer dans le sud de l'Espagne. Don Francisco Ortiz-Enchague,
directeur général de Construcciones Aéronauticas, se souvint que son
vieil ami de la construction aéronautique, Prof. Dr. Claude Dornier, avait
aussi un pied dans l'industrie des machines textiles. C'est ainsi que
DORNIER conclut son premier contrat de licence avec l'Espagne. En peu de
temps, le premier métier à tisser automatique, le SW4, tourna dans un
vacarme assourdissant, dans le hangar d'avions de CASA à Cadiz, sur ces
mêmes voies qui, vers 1936, servaient à l'amérrissage des avions Wal de
DORNIER.
De 1961 à 1969: Sur la voie de la machine à tisser à lances
Avec ses métiers à tisser
à navette automatiques, DORNIER s'était fait une place sur la scène
internationale. Le chiffre d'affaires atteignait 10 à 11 millions de DM.
Durant ces années, à l'occasion d'une commande du Ministère de la
Défense, Peter Dornier mit au point un avion de transport à décollage
vertical. Conçu avec quatre réacteurs de sustentation supplémentaires au
bout des ailes, cet avion souleva l'admiration de la profession à
l'échelle internationale.

Prof. Dr. Claude Dornier avec son
épouse Anna et leurs deux fils Claudius (2ème de gauche) et Peter (à
droite)
Les avancées technologiques
stupéfiantes de l'après-guerre concernèrent aussi la construction de
machines textiles. Déjà au début des années soixante, quelques
constructeurs avaient expérimenté des machines à tisser sans navette,
grâce auxquelles on pouvait espérer une meilleure productivité et une
plus grande souplesse dans le tissage. Hermann Zippel, le génie par
excellence chez Lindauer DORNIER, compétent dans la vente et dans la
construction, avait déjà émis quelques idées sur la nouvelle technologie.
Personne ne se doutait alors combien le chemin serait long jusqu'à la
création d'une machine à tisser à lances sans navette commercialisable.
Les premiers essais de
machine à tisser à lances sans navette eurent lieu dans le plus grand
secret à l'usine de Lindau, sous la direction de Peter Dornier. A cette
époque entra dans l'équipe un homme, inventeur sans formation technique
initiale, qui gagna bientôt l'admiration totale de Peter Dornier. Le Grec
Nikolaus Kokkinis débuta en 1961 chez Lindauer DORNIER GmbH comme
dessinateur. C'est lui qui, en 1966, eut le trait de génie. Pendant la
fête de Noël, il dit à Peter Dornier: "Nous allons mettre au point
un transfert positif du fil de trame au milieu de l'article. Ce procédé
n'existe chez personne. Nous allons réussir."
En dépit de nombreuses
difficultés, la machine à tisser à lances fut développée intégralement
en sept années seulement. Le fait qu'au cours des 35 années de
développement industriel qui suivirent, aucun concept innovant comparable
ne fit son apparition sur le marché, montre quel esprit innovateur animait
l'équipe DORNIER de l'époque. La gamme d'articles aujourd'hui fabriquée
sur la machine à tisser à lances s'étend des soies les plus fines aux
cotons écrus et multicolores, sans oublier les laines peignées et les
laines cardées, les coutils pour matelas, les tissus pour la maison, les
tissus de décoration et les tissus de meubles, ainsi que les lourds tissus
techniques en jute, en fils métalliques, en roving, en monofilaments, fibre
de carbone, aramide, et les bandelettes pour films. Une seule et même
machine suffit donc à répondre aux exigences des tisseurs de l'habillement,
des textiles pour la maison et des textiles techniques.

Machine à tisser à lances DORNIER,
prémiere génération
La situation prospère du secteur
des machines spécialisées permit à l'entreprise de traverser la période
difficile du développement de la machine à tisser à lances. En 1967 une
énorme installation d'étirage de film fut livrée au groupe japonais Fuji. A
partir de 1969, la machine à lances s'imposa sur la scène internationale: la
première commande à l'exportation émana du fabricant suédois pour tissus de
meubles Oskarström. Puis vinrent des commandes pour les entreprises
américaines Dorr et Anglo Fabrics, et plus tard Collins & Aikman, à
l'époque le plus gros fabricant de tissus de meubles aux Etats-Unis. Ces
commandes déclenchèrent une avalanche de commandes, parmi lesquelles celles
des sociétés Milliken, Riegel, et Chatham. En décembre 1969 le tisseur de
laine italien Cerruti 1881 se fit livrer sa première machine à tisser à
lances.
Le 5 décembre 1969 décédait le
Prof. Dr.Claude Dornier à l'âge de 85 ans. La société Lindauer DORNIER doit
son existence à cet homme qui, grâce à sa clairvoyance, osa se lancer dans la
construction de machines à tisser et de machines spéciales, des domaines qu'il
n'abandonna pas lorsque la construction aéronautique redémarra.
1969 - 1985: La percée internationale
Alors que les atouts de la
machine à tisser à lances alimentaient les conversations, des rumeurs refirent
surface, selon lesquelles DORNIER ne tarderait pas à retourner à la
construction aéronautique. L'entre prise riposta alors par une stratégie de
marketing insolite: Chez les clients furentinstallées des machines à l'essai,
qui réalisèrent des prestations des plus convaincantes. Ce fut le cas dans
l'entreprise textile belge Bekaert, qui avait déjà acheté des rames en 1955,
et qui est un exemple de longévité dans ses relations de client avec DORNIER.
Chez Bekaert aussi la démonstration fut convaincante à tel point
qu'aujourd'hui, cette société est l'un des principaux clients de DORNIER pour
les machines à tisser.
Après la percée internationale
de la machine à tisser à lances en 1970, la Lindauer DORNIER ajouta un étage
à son atelier de mécanique, dynamisant ainsi sa production. En septembre 1973
mourut Nikolaus Kokkinis, dont le génie innovateur fit progresser à grands pas
le développement de la machine à tisser. A cette période, la technologie de
la machine à tisser à lances put être commercialisée en Inde grâce à un
premier contrat sous licence. Même en Suisse, pays de Sulzer, Rüti et Saurer,
les concurrents les plus redoutables, la machine à tisser à lances de la
Lindauer DORNIER commençait à s'imposer. En mars 1978 fut fondée aux
Etats-Unis, l'un des principaux pays exportateurs, l'American DORNIER Machinery
Corporation (Amdo) à Charlotte en Caroline du Nord. A l' ITMA 1979 de Hanovre,
la société présenta, outre une machine à tisser à lances optimisée, une
machine de mercerisage en continu qui, grâce à son élargisseur circulaire
breveté, permettait pour la première fois le mercerisage d'articles
tubulaires, sans marques aux lisières.

Machines à isser à lances DORNIER
chez la société espagnole Iberica de Confecciones en 1976
Le 31 janvier 1982 Peter
Dornier fêta ses 65 ans. A peu près à la même époque fut livrée la
15.000ème machine à tisser.
L'entreprise était florissante, en 1981, le
chiffre d'affaires avait dépassé les 150 millions de DM, et en 1982, il
atteignait les 180 millions de DM. Dans l'usine de Rickenbach fut construit
un nouveau bâtiment plus vaste pour les démonstrations de machines
textiles, la fabrication des engrenages, et le Service Commercial. Le site
de Lindau-Rickenbach avait ainsi épuisé ses capacités d'extension. Et
comme il ne trouvait pas de terrain constructible à Lindau, Peter Dornier
loua en avril 1985 à Esseratsweiler, dans la région de Achberg, un atelier
de production pour les machines spécialisées.
L'entreprise fut
récompensée pour ses performances. En juin 1983, Peter Dornier se vit
décerner l'Ordre du Mérite par le ministre président bavarois Franz-Josef
Strauß.
1985 - 2000: en route vers l'autonomie
1985 représente une année
cruciale pour la Lindauer DORNIER GmbH. Depuis sa création en 1950,
l'entreprise faisait partie du groupe DORNIER. Lorsque Daimler-Benz AG
devint majoritaire du groupe en 1985, Peter Dornier reprit l'ensemble des
parts de la Lindauer DORNIER Gesellschaft m.b.H dans le cadre d'un
échange d'actions.
En 1986, la filiale à
Esseratsweiler put être agrandie, et elle reprit l'intégralité de la
fabrication et le montage des machines spécialisées. Dans l'usine mère
furent introduits des systèmes de fabrication à commande numérique par
ordinateur, une fabrication de matière plastique et un département de
développement électronique.

Fermetures de pinces sur machine
d'étirage transversal DORNIER
Lorsque Peter D. Dornier, le
fils de Peter Dornier, entra dans l'entreprise en 1989, la société
Lindauer DORNIER se trouvait confrontée à une conjoncture internationale
difficile. Le chiffre d'affaires enregistra un fort recul dans le domaine
des machines spécialisées. Les marchés des bandes vidéo et des bandes
magnétiques était en pleine récession après le boom des années 80.
Mais
la reprise s'amorça assez rapidement, notamment en raison d'une situation
qui trouva son origine en Inde en 1993. Pour améliorer la conservation des
denrées alimentaires sous le climat tropical, on utilisait de plus en plus
de films polyester pour l'emballage. Les entreprises indiennes ne pouvant
pas se référer à leur propre expérience pour concevoir ce type
d'installation, DORNIER dut se lancer dans l'ingénierie nécessaire au
développement de ce genre de machines. La Lindauer DORNIER entrait en
terrain inconnu. Concentrée jusqu'à présent sur la fabrication de
machines, elle devait, face à la demande d'installations complètes,
aborder l'ingénierie.
Pour pouvoir subsister en
tant qu'entreprise de taille moyenne installée en Allemagne, face aux
grandes sociétés internationales, la Lindauer DORNIER n'avait qu'une
solution, et elle s'y tient toujours: détenir le leadership technologique.
Ce sont le plus souvent les clients, très pointus en technologie, qui
mirent DORNIER sur la voie de nouvelles performances et de grandes
améliorations. Le nombre de demandes de brevets atteste à lui seul de la
suprématie technologique de l'entreprise. Peter Dornier a déposé 45
brevets au cours de sa carrière, et la société DORNIER continue de
déposer en moyenne 15 brevets par an.

Groupe de buses relais sur une machine
à tisser à jet d'air DORNIER
Pour le tissage, la société
développa en 1988 une nouvelle machine à tisser à jet d'air. Un système
d'insertion de la trame par air comprimé fut monté à partir d'un châssis
identique à celui de la machine à tisser à lances. La nouvelle machine à
tisser à jet d'air disposait d'une nouvelle commande électronique avec
CAN-Bus, utilisée pour la première fois, qui la rendait extrêmement souple et
adaptée aux développements futurs. Aujourd'hui, plus de dix ans après, un
tiers de la production annuelle de machines à tisser consiste en machines à
jet d'air. Et la tendance est à la hausse. En 1991 à l'ITMA de Hanovre,
DORNIER présenta pour la première fois une famille de systèmes de machines à
tisser se composant de machines à lances et de métiers à jet d'air. En outre
le nouveau système de changement rapide d'article, le "QSC" (Quick-Style-Chance)
remporta un succès mondial.
En 1999, à l'ITMA de Paris,
Lindauer Dornier présenta les dernières innova-tions phares venues compléter
l'évolution de l'histoire de ses machines à tisser. La société exposa une
nouvelle famille de dispositifs de formation des lisières, et la machine à
tisser à jet d'air en version Jacquard offrant une vitesse d'insertion
supérieure à 2500 m/min., ainsi qu'une largeur nominale jamais atteinte de 430
cm. Au même moment une nouvelle mode dans le domaine des articles mailles, les
articles sans couture en mélanges lycra, fut à l'origine de la création
d'une installation de thermo-fixage du type EcoFix®. Sa pièce maîtresse
était l'élargisseur circulaire breveté issu de la série de machines
d'ennoblissement de DORNIER, et qui permettait de traiter des tricots tubulaires,
en rond et non plus à plat. 
Peter Dornier, le propriétaire de
l'entreprise, avec son fils Peter D. Dornier
L'évolution se poursuit.
La mondialisation, la mise en réseau des marchés à l'échelle
planétaire, les concentrations de sociétés ainsi que les grandes crises
économiques et financières telles que celles apparues ces dernières
années en Asie et en Russie sont autant de situations auxquelles DORNIER
doit faire face aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle l'entreprise
continue de s'appuyer sur les qualités qui, pendant les cinquante années
qui suivirent sa fondation, ont fait d'elle un fournisseur prospère et
recherché. Forte de cette tradition et empreinte d'un sens profond des
exigences et des opportunités de la nouvelle ère, la Lindauer Dornier
est aujourd'hui dirigée par e fils du fondateur, deuxième génération
à la tête de l'entreprise.
Leadership technologique et innovation:
Quelques examples à l'appui
| 1965 |
La
commande centrale sur la machine à tisser à lances (brevetée) |
1993 |
Une
plaque d’appui universelle pour le passage rapide des lisières
rentrées aux lisières pas de gaze sur les machines à tisser à
lances* |
| 1967 |
La
pince amortie dans la tête de lance (brevetée) |
1994 |
La
réalisation de huit duitages, tensions de chaîne et vitesses |
| 1967 |
Le
tissage en foule ouverte |
1995 |
Le
changement de dessin automatique sur la machine à lances, sans
arrêter la machine à tisser |
| 1970 |
Le
régulateur à croix de Malte avec possibilité de marche arrière
(breveté) |
1995 |
La
commande pour machines Jacquard avec 10.000 crochets |
| 1981 |
Le
dispositif de pas de gaze croisé (breveté) |
1996 |
L’appareil
pneumatique à lisières rentrées, PneumaTucker* (breveté) |
| 1989 |
Le
CAN-Bus |
1996 |
Le
pas de gaze à tour complet ou Disc-O-Leno* (breveté) |
| 1989 |
La
commande bilatérale du battant sur les machines à tisser à jet
d’air |
1997 |
Une
conception modulaire pour le passage rapide du templet pour toutes
les laizes au cylindre de templet pour machines à tisser à
lances et à jet d’air* |
| 1989 |
La
table porte-tissu pour les machines à tisser à jet d’air |
1998 |
Le
double pas de gaze à tour complet ou EcoLeno* (breveté) |
| 1990 |
Le
délaizage symétrique sur la machine à tisser à jet d’air* |
1998 |
Le
contrôle positif permanent de l’ensemble de l’insertion de
trame pneumatique sur la machine à tisser à jet d’air, type
PIC (breveté) |
| 1990 |
Le
capteur sur la poitrinière et/ou sur le porte-fil* (breveté) |
1998 |
Une
conception modulaire pour le passage rapide des lisières
rentrées aux lisières pas de gaze sur les machines à tisser à
jet d'air* |
| 1990 |
L’appel
électronique du tissu et le dérouleur de chaîne électronique |
1998 |
La
commande Jacquard pour 20.000 crochets |
| 1990 |
La
prévention des marques au démarrage grâce à une forte accélération
du moteur principal au démarrage (breveté) |
1999 |
La
machine à tisser à jet d’air en 430 cm de largeur nominale |
| 1990 |
Le
battant de peigne à barrettes*(brevetée) |
1999 |
Le
MotoLeno avec sens de rotation indépendant* (breveté) |
| 1991 |
La
famille de systèmes lances et jet d’air |
1999 |
Le
nouveau casse-trame Triple Weft Sensor* (demande de brevet en
cours) |
| 1991 |
8
couleurs sur le jet d’air* |
1999 |
Le
verrouillage pneumatique des cadres avec centrage automatique PSL*
(breveté) |
| 1991 |
Le
système QSC* (breveté) |
1999 |
Le
support universel de tirants de lames AutoLub |
| 1991 |
Le
templet pivotant* |
1999 |
Le
nouveau porte-fil rotatif* (breveté) |
| 1993 |
La
technique du moteur pas à pas pour le sélecteur de couleurs* (breveté) |
1999 |
Les
freins de fils électroniques avec casse-trame intégré sur la
machine à tisser à lances* (demande de brevet en cours) |
| 1993 |
Le
moteur pas à pas pour les freins et les ciseaux* |
2000 |
Le
réglage automatique de la foule arrière AutoWarp* (demande de
brevet en cours) |
| |
|
2000 |
Le
Fast Dobby Change FDC (demande de brevet en cours)* |
*
Tous
ces développements ont été conçus de façon à pouvoir être ajoutés
sur des machines déjà existantes.
|